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mercredi 19 décembre 2012

20 décembre - Force de l'habitude

Fête du Grand prix de l'urbanisme - avec la soirée de l’Équerre d'argent en janvier, c'est LE grand rendez-vous de l'année, sorte d'obligation professionnelle pour moi: depuis quelques années, j'en ressors avec des commandes ou des pistes de boulot pour l'année à venir. Et j'en ai bien besoin ces temps-ci, puisque je cherche à me diversifier, côté privés plutôt que publics qui, de toutes façons, vont geler leurs commandes jusqu'aux élections municipales. Donc, faut être en forme, volubile et sérieuse à la fois, convaincue. Pas exactement comme ça que je me sens, mais je fais confiance à la force de l'habitude et à la coupe de champagne, qui aide pendant une demi-heure.
Cette année, François Grether est fêté - valeur sûre de l'urbanisme à la française, qui avait étonnamment échappé à l'honneur jusqu'à présent. Un homme de bon sens consensuel, peut-être trop, reconnu par tous mais pas vraiment admiré et qui ne fera pas d'émules. Il craint un peu les feux de la rampe et pourtant était malheureux que ce prix ne lui soit pas encore tombé dessus - humaines contradictions.
Comment pétiller? Bon sang! Je regarde mon amoureux dans la foule, incognito sauf de quelques amis: comme de juste, il dégage ce mélange de virilité et de gentillesse riante qui me plait. Je me souviens des éditions précédentes, où je l'observais de loin, avec fierté. Mais cette année, plus tristounette, comme si l'ère de la conquête était derrière moi. Comme si la crainte de l'habitude pesait plus que les promesses. Je n'ai jamais su construire une relation durable et heureuse: tous ces échecs me poussent entre les omoplates (là où j'ai mal depuis une semaine). Et le doute : ai-je appris assez pour éviter de me planter encore?

mardi 18 décembre 2012

19 décembre - En attendant le collaboratif

Dernier rendez-vous de l'atelier Batignolles, cette intéressante expérience de 11 équipes d'architectes et de promoteurs travaillant ensemble pour construire un nouveau quartier... Ils en sont à l'APS (avant-projet sommaire, autant dire que pas mal de choses sont pliées) et présenteront le tout aux élus pour le Copil (pour comité de pilotage, j'adore l'alitération); en janvier. 
J'ai pas encore commencé à écrire, même pas une ligne, à l'exception d'un sommaire - plongée dans le dossier prévue en janvier. Pour l'instant, mon regard est plutôt critique: ces jeunes gens (pour leur immense majorité, des architectes quarantenaires ou moins) n'ont pas pu/su se déboutonner en public. Coincés par la présence des donneurs d'ordre (difficile de critiquer le confrère dans ces conditions)? Timides devant le nombre élevé de participants? Bloqués par la complexité de l'exercice: un max de contraintes, beaucoup d'exigences, des enjeux costauds du genre "inventez-nous s'il vous plait la super ville sympa à vivre mais très dense, pas que pour les riches mais quand même ça sera cher, hyper urbaine vivante mais dans un quartier limite périphérie, économe en énergie avec des panneaux solaires partout mais aussi des usages expérimentaux..." N'en jetez plus!!!
F2G - maquette en novembre

En tout cas, il n'y a pas eu de débats de fond, rien d'enthousiasmant et je me suis plutôt emmerdée dans ces réunions sages, secouées seulement par les critiques SM de Madame mais sans la protection paternelle qui aurait compensé. 
Donc, le sentiment diffus que la mayonnaise n'a pas pris. Malgré tout, il n'aurait sans doute pas été possible de produire un quartier, dans de telles conditions de rapidité et avec de telles exigences de programme, sans ces réunions. Et il me reste à discuter avec tout le monde pour mieux comprendre comment les projets ont mûri et comment ils ont bénéficié de ce processus, un peu collectif mais pas pas très collaboratif. Donc, aussi, comment la méthode peut s'améliorer pour la prochaine étape.


vendredi 14 décembre 2012

15 décembre - Un petit tour

Tramway de Paris, phase 2: ça devient intéressant pour les voisins, maintenant qu'il va du sud au nord en passant par l'est. Du coup, il dessert des zones nettement plus populaires. Et il ne manque plus qu'un tronçon, nord-ouest, pour que le tour soit complet.
C'est beau un tramway. Partout l'effet esthétique est radical, le plaisir de voyager (quand même plus gai qu'un métro, à l'air libre, et plus confortable qu'un bus, en souplesse). Et puis les tramways apportent des changements de fond à la ville, occasion de revaloriser tout leur environnement, donc "structurants" - même si, de nos jours, ils sont battus par les super-bus (BHNS dit le jargon, pour "bus à haut niveau de service"), moins chers et quand même efficaces pour se déplacer vite et bien et loin...
Pour que ce soit encore plus beau, encore plus haute qualité, les tram sont quasiment partout associés à de grandes commandes d'art public: Paris l'a fait aussi, avec des œuvres plutôt réjouissantes, comme les lapins comploteurs de Sylvie Auvray ou la grille à habiter de Pascal Pinaud. Et puis aussi le Jardin des diversités végétales de Michel Corajoud (pas un artiste mais presque), collection de tout ce qui pousse à Paris - mais là il va falloir attendre un peu, que ça pousse... 
La Grille. Corine Chevalier / Pascal Pinaud

http://demarche-artistique.tramway.paris.fr/e_upload/pdf/t3_art_depliant.pdf 
 Un dépliant sur le Net pour s'y retrouver. Et une expo, à l’Hôtel de Ville, pour voir tout ce chouette travail artistique.


jeudi 13 décembre 2012

14 décembre - à bout de souffle

Fin du marathon consultatif autour du Grand Paris: une grand messe orchestrée par Paris Métropole (association des élus de la région autour de la capitale) invite tous les citoyens intéressés à finir de donner leur avis. Pourtant, si on compte bien, il n'y a pas eu foule dans tous ces débats, peut-être 3000 personnes en 67 réunions organisées en Ile-de-France depuis septembre. Mais évidemment, le genre "ça ne se fera pas sans vous" ne marche plus vraiment, à force d'avoir fait la preuve de sa fausseté.
Au même moment, Pascal Auzannet, grand commis de la technocratie étatique, a rendu son rapport à la ministre avec pour douloureuse mission d'étaler le calendrier de réalisation du grand ouvrage ferré qui doit donner forme au Grand Paris. Car, avec son génie coutumier pour réduire les questions de stratégie et de vision politique à des choix d'infrastructures, la France a identifié la riche consultation sur le Grand Paris à la réalisation d'un superbe réseau de transport public. Une urgence, ceci-dit, puisque le réseau francilien est "à bout de souffle", tout le monde est d'accord. Mais les urbanistes associés dans l'Atelier du Grand Paris avaient proposé de limiter les dégâts en fabricant très vite et à moindre coût un ravaudage de ce qui existe, des extensions, des lignes de super-bus, des bouts de-ci de-là qui auraient au moins rendu le système intelligent. Idée brillante, immédiatement rejetée aux oubliettes - les techniciens n'aiment pas bricoler, surtout si on leur propose de voir grand. Moralité, les élus, l’État, la SNCF, la RATP, se sont mis d'accord sur le Grand Paris Express, chiffré aujourd'hui à quelques 30 milliards d'euros. Ouf! 
 http://www.territoires.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_Auzannet_Grand_Paris_Express.pdf

Pour avaler ça - puisqu'on sait mal en France fabriquer de l'infrastructure en la faisant payer en partie au secteur privé grâce aux opérations immobilières - le rapport Auzannet fabrique des scénarios à 30 ans. Les négo vont être dures, maintenant, à savoir où sont les urgences. Est-ce que le ministère de l’Égalité des territoires va savoir défendre les urgences sociales? 
Quant aux enjeux plus larges que les transports, que vont-ils devenir? Le rapport Auzannet, bon prince, leur consacre quatre lignes : "Aux enjeux de déplacements il convient de rajouter ceux relatifs à l’aménagement du territoire (rééquilibrage entre l’est et l’ouest, lutte contre la fracture territoriale…) et créer les conditions de stopper l’étalement urbain particulièrement coûteux pour la collectivité (coûts de déplacements, environnement, social…)."

samedi 8 décembre 2012

9 décembre - à double sens

Flâner sur les Grands Boulevards, ça se chantait, "ya tant de choses, tant de choses à voir"... Et le refrain d'Yves Montand avait quelque chose d'irréel, souvenir d'un temps révolu: le jour où j'ai marché sur ces trottoirs-là, ils n'avaient pas tant d’intérêt! Rien à flâner, vraiment! Et quand j'ai habité par là, ils étaient tristounets, avec leurs magasins un peu merdiques, leur foule pressée (personne ne se promenait!), quelques théâtres dits "de boulevard" plutôt ringards, un côté banlieusard, loin des dorures parisiennes...
Mais les voilà changés, et je peux y imaginer un avenir urbain. Depuis 1951, ils n'étaient plus eux-mêmes, depuis qu'on y roulait à sens unique. Remis à double sens depuis quelques jours, ils ne sont plus des tuyaux à bagnoles et redeviennent une véritable avenue, une de ces belles artères haussmanniennes qui ont fabriqué Paris. 

mardi 4 décembre 2012

5 décembre - Danse avec les promoteurs

Trois jours de danses entre promoteurs, aménageurs, investisseurs: ici, il y a de la Big Money. Le Simi, rendez-vous annuel de l'immobilier d'entreprise, fait la fête  Porte Maillot, les bons vins et les bonnes chairs soignent le cholestérol et le foie des participants, qui ne sont pas à ça près (il faudrait une statistique sur l'espérance de vie des promoteurs, ça doit pas être terrible). 
Ils travaillent aussi. Échangent dans des conférences - sur tous les sujets, performances énergétiques et cogénération, projet urbain et IGH, commerces et logistique, fiscalités et assurances... Il y en a même une sur le bien-être au travail. Et ils s'inquiètent: temps de crise (même si, pour l'instant, le marché français se porte moins mal que ses voisins, sans doute grâce à des villes comme Bordeaux, Grenoble, Nantes, Montpellier).
Chaque année, je me dis que je devrais y aller. Pour trouver du boulot et entretenir mes réseaux. Pour sentir le vent. Pour me tenir au courant. Plein de bonnes raisons. Et puis je lâche l'affaire. Sous prétexte du boulot qui s'accumule sur mon bureau mais aussi parce que je ne sais pas de quoi faire mon demain - marre d'écrire ces "livres" mais quoi d'autre pour gagner ma croute?

jeudi 22 novembre 2012

23 novembre - Plaisirs de ville

A la maison, à la raison. Retour au banc de nage: pas de dispersion, de la production. Tous les zakouskis ont été mangés - interviews, montage du DVD pour Malakoff, textes de droite et de gauche, sommaires à discuter, projets à soumettre. Maintenant, retour à l'établi, faut finir les deux projets en cours: Malakoff toujours (pas le droit de se moquer mais c'est vrai, j'aurais dû achever l'écriture en mai dernier...), les textes pour le livre de Gérard Pénot sur l'Atelier Ruelle (un des urba français que j'admire le plus, qui n'a encore pas publié grand chose et c'est une pitié, donc il est temps et je suis heureuse d'en être).
rue de Chypre, Malakoff Amont. Atelier Ruelle. Photo JD Billaud
mail Pablo Picasso, Pré Gauchet. Atelier Ruelle. Photo JD Billaud
Bosser avec Gérard Pénot est un plaisir - c'est joyeux de suivre sa pensée (généreuse et réaliste), sa conviction que le plaisir de ville se partage d'abord en travaillant le sol, pour le confort du piéton et la lisibilité des parcours, les vues au loin et les repères, les transparences des rez-de-chaussée... Les réalisations de l'Atelier ont l'air simples - et bien sûr c'est beaucoup de travail.
Quand ce fichu bouquin sur le GPV de Malakoff sera fini, je sais bien que j'en serai heureuse (peut-être même fière). Alors bon sang, avance!



mercredi 7 novembre 2012

8 novembre - Démarcher, imaginer

Rendez-vous annuel, le forum des Projets urbains réunit le petit monde de l'urba français pendant une longue journée, ateliers d'une demi-heure se succédant. Depuis que Jean Audouin ne s'en occupe plus, quelques dérives apparaissent: certains projets doublent la mise en occupant une heure et quelques sponsors ont droit à un créneau. Premier effet: il y a moins de projets à découvrir. Dommage : pas d'embarras du choix. En plus, j'ai pas de pot cette année: Nantes et Saint-Étienne occupent un max du programme, alors j'ai encore moins d'occasion de me mettre au parfum de se qui se passe dans ce beau pays et qui m'échappe. Ou bien ça signifie qu'il ne se passe plus grand chose? 
Effet second, c'est plus facile de glandouiller dans les couloirs, me consacrer au "relationnel" - démarcher de futurs boulots. Bien sûr c'est très nécessaire aussi. Avec un foutu bémol : j'en ai marre d'écrire des livres, marre en tout cas de ces livres-là. Et en plus l'année 2013 va pas être riche en commandes, parce que les municipalités ne publient plus 6 mois avant les élections. Donc, ce Forum, c'est l'occase d'imaginer un autre registre.
Ah, j'aimerais avoir des idées! 

dimanche 21 octobre 2012

22 octobre - la ville ludique

Foutoir en perspective, les travaux sur les berges de la Seine rive gauche commencent - côté quai d'Orsay et quai Branly. Suivre les travaux annoncés sur le site de la Ville, c'est pas donné à tout le monde : j'y comprends rien. Difficile de voir si les effets vont être lourds ou pas sur la circulation mais c'est sûr, l'opposition va en profiter pour râler. Et accuser Delanoë de faire la ville des bobos. Pourtant il a raison quand il dit préparer ainsi "la ville moderne".
Les aménagements réalisés cet été rive droite sont pas probants - des trottoirs plus larges, les voies automobiles un peu resserrées, mais toujours une circulation très lourde, qui rend la balade peu engageante. Rive gauche, il y a carrément deux kilomètres de piétonnisation, de quoi plaire aux touristes et sans doute aux Parisiens, s'ils apprennent à profiter autant de leur fleuve que les Lyonnais et bien d'autres citadins dans le monde - la ville, c'est pas seulement sérieux boulot-dodo, c'est ludique aussi.  Barcelone a cette incroyable chance d'avoir une plage. Nous, tant que la mer ne remonte pas jusqu'ici, ce sera la balade sur la berge. Et on peut déjà rêver devant le projet d'îles jardins sur le port du Gros Caillou. 

port du Gros Caillou - JC Choblet/Apur

Et puis il faut imaginer ce chantier comme une étape, pour le jour où la circulation ici sera réservée aux piétons et aux vélos... Visible sur les images diffusées par la Ville.
port de Solférino - JC Choblet/Apur
En attendant, nous voilà dans la fameuse période de transition. Là, tout compte fait, la stratégie de l'équipe parisienne n'est pas idiote : donner envie, laisser se créer de nouvelles habitudes. Et prier pour que la société vire sa cuti en douceur.


jeudi 18 octobre 2012

19 octobre - Alors, intelligente?

C'est quoi, une "ville intelligente"? Concept pas simple, au début on parlait de smart cities pour espérer des urbanisations mieux contrôlées, plus respectueuses de l'environnement, moins consommatrices d'énergie et de terres... Et puis les exigences ont grandi, la ville intelligente est devenue plus ouverte, branchée sur les technologies numériques, plus "vivable" et "aimable" - concept moins technique et plus "relationnel". L'intelligence, aujourd'hui, c'est ce qui se partage.
N'empêche, les hommes de l'art ne lâchent pas prise et les experts tiennent à expertiser - heureusement sans doute, car l'intelligence suppose encore une expertise, toujours plus difficile à capitaliser, vu la vitesse à laquelle tout ça bouge. Donc, les spécialistes se réunissent. Cette semaine, c'était un colloque organisé par l'INTA (Association internationale du développement urbain) à La Défense - pas si facile de présenter ce quartier d'affaires comme "intelligent" alors que personne n'aime réellement y travailler, et encore moins y vivre. 
N'empêche, j'aurais bien aimé en être, y compris à la séance de rattrapage du vendredi. Parce que j'ai beau me moquer, je suis bien d'accord avec l'idée que l'intelligence, si elle  met en relation (son premier boulot!), reste la seule réponse possible au foutu bordel dans lequel l'espèce humaine s'est embourbée.

mercredi 19 septembre 2012

20 septembre - Ile de Nantes, Acte II

Sous les feux de la rampe, la nouvelle phase de l'Ile de Nantes se présente à la presse, et puis au public. Après les dix premières années de transformation, ce territoire plein de promesses, face au centre historique, se prépare pour la grande mutation urbaine que les villes européennes ont à affronter : faire mieux avec moins, imaginer des lieux de rencontre pour des usages considérés encore comme "alternatifs" mais qui seront bientôt reconnus comme majoritaires, offrir des espaces aux activités créatives pour leur permettre de participer au renouveau économique.
Sacrés défis, tout ça? Oui. Et en vérité fort peu de villes se donnent réellement les moyens de les relever. Au mieux, on bricole, en essayant de faire de la place au neuf mais en continuant à ménager les barons pressés de reproduire ce qu'ils savent faire. L'Ile de Nantes peut offrir un des rares espaces, en France, où les futurs ont une chance de s'incarner - elle a pour cela assez de lieux disponibles, bien situés, reconnus par les acteurs qui peuvent porter la mutation. Des acteurs sans doute plus nombreux à Nantes que dans d'autres cités françaises.
Le projet de Marcel Smets et Anne Mie Depuydt, urbanistes de la nouvelle phase, a la pertinence et la fluidité nécessaires pour donner un cadre à tout ça. Ensuite, c'est un boulot terrible, de tous les instants. Il y faut le courage, la détermination, l'imagination. Pas gagné.

lundi 17 septembre 2012

18 septembre - Bimby

Un clin d’œil au "Nimby" de mauvaise réputation : Not in my back yard, autrement dit "où vous voulez mais pas chez moi", classique expression des intérêts égoïstes qui viennent contrarier les bonnes intentions aménageuses. Le N devient B pour Build in my back yard: l'idée cette fois consiste à chercher des solutions pour construire le lotissement sur le lotissement, comme autrefois on a fabriqué les faubourgs. D'où le thème du colloque organisé à l'école d'archi de Belleville : "Faire émerger la ville durable des tissus pavillonnaires existants". 
Le thème est urbain : quelles formes urbaines et architecturales travailler pour organiser ces densités dans des quartiers si peu denses? Il est aussi technique : à régler une foultitude de questions juridiques, financières... Et surtout, il est démocratique. Car l'idée même de Bimby en écho au Nimby est de faire non pas contre mais avec les habitants. L'hypothèse tient dans la capacité des acteurs de l'urbain (habitants, techniciens, élus) à mobiliser le foncier des tissus pavillonnaires existants, afin de financer le renouvellement progressif de ces quartiers, qui représentent les plus fortes réserves foncières des agglomérations aujourd'hui. 
Une nouvelle maison construite entre deux maisons, après division de la parcelle de droite, créant un front de rue et préservant l'intimité des maisons voisines.

L'affaire est pour l'instant un programme de recherche, mais avec aussi des expérimentations, qui laissent espérer du bon. Exemple dans les Yvelines : un architecte-médiateur a rencontré des propriétaires qui souhaitaient évaluer l'avenir de leur terrain. 6 sur 10 sont repartis avec une esquisse leur permettant d'espérer construire un ou même deux logements sur leur parcelle. Et la recherche, en deux ans, a découvert des tas d'exemples déjà réalisés. Mais il manque encore des outils, législatifs, architecturaux, urbanistiques. Prochaine étape.

dimanche 16 septembre 2012

17 septembre - Vite vite

Chaque kilomètre que je roule en voiture coûte 1 € à ma ville en frais divers - du fric qu'elle pourrait dépenser à autre chose. En marchant une demi-heure par jour, je gagne 2  à 9 ans de vie - et j'évite de grossir. Depuis  dimanche, la Europeen Mobility Week invite les citoyens à "Bouger dans la bonne direction", autrement dit mixer les modes, se déplacer autant en transports collectifs, à vélo et à pied qu'en voiture... 1885 villes y participent cette année, du 16 au 22 septembre. Moins que les années précédentes. Et seulement 21 en France (l'agglo toulousaine étant la plus importante), beaucoup moins qu'avant (score en 2008, avec 180 villes). Paris a lâché la rampe depuis 2010... Pourquoi? Peut-être qu'il se passait plus grand chose, à force? 

Peut-être que ce genre de mouvement n'apporte pas vraiment de réponse à la Big question : comment organiser la mutation? Comment planifier? Il suffit pas d'essayer de convaincre et compter sur la com ou la culpabilisation. Si les gens utilisent leur voiture, globalement, c'est parce qu'ils vivent loin de leur travail et se remplissent la vie d'activités multiples et dispersées. Parce que la ville s'est développée ainsi (loi du marché et insuffisance des visions publiques), parce que les collectivités n'ont pas assez investi dans des modes de transports collectifs qui correspondent à la nouvelle forme urbaine...
Et aussi parce que, vite vite, la vitesse gouverne les vies.
Alors oui, nous le savons bien que tout ça ne va pas durer. Qu'il va falloir rapetisser les voitures et les laisser au garage. Que peut-être aussi il va falloir moins bouger (il y a quelques années, tous les modèles de prévision tablait sur une augmentation régulière de la mobilité, il semble que des inversions de tendance commencent à se produire). Mais en attendant, on fait comment? Quelques  villes prévoient moins de parkings obligatoires à construire avec les bureaux et avec les logements. Mais les promoteurs en veulent toujours autant, et les usagers se plaignent d'en manquer. Parce que, aujourd'hui, ils en ont toujours besoin, de leur bagnole.
Ceci dit, faut reconnaître, moi par exemple, je l'utilise trop ma voiture. Depuis des mois, je me conjure de marcher cette fameuse demi-heure quotidienne. Pour être en forme, lutter contre l’ostéoporose, déstresser, penser, méditer, créer... Et merde, je le fais pas!