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mercredi 19 septembre 2012

20 septembre - Ile de Nantes, Acte II

Sous les feux de la rampe, la nouvelle phase de l'Ile de Nantes se présente à la presse, et puis au public. Après les dix premières années de transformation, ce territoire plein de promesses, face au centre historique, se prépare pour la grande mutation urbaine que les villes européennes ont à affronter : faire mieux avec moins, imaginer des lieux de rencontre pour des usages considérés encore comme "alternatifs" mais qui seront bientôt reconnus comme majoritaires, offrir des espaces aux activités créatives pour leur permettre de participer au renouveau économique.
Sacrés défis, tout ça? Oui. Et en vérité fort peu de villes se donnent réellement les moyens de les relever. Au mieux, on bricole, en essayant de faire de la place au neuf mais en continuant à ménager les barons pressés de reproduire ce qu'ils savent faire. L'Ile de Nantes peut offrir un des rares espaces, en France, où les futurs ont une chance de s'incarner - elle a pour cela assez de lieux disponibles, bien situés, reconnus par les acteurs qui peuvent porter la mutation. Des acteurs sans doute plus nombreux à Nantes que dans d'autres cités françaises.
Le projet de Marcel Smets et Anne Mie Depuydt, urbanistes de la nouvelle phase, a la pertinence et la fluidité nécessaires pour donner un cadre à tout ça. Ensuite, c'est un boulot terrible, de tous les instants. Il y faut le courage, la détermination, l'imagination. Pas gagné.

mardi 3 juillet 2012

4 juillet - Le sud au nord

Faire visiter l'Ile à Ulla et Hans, amis de Copenhague, se balader à vélo jusqu'au Hangar à Bananes, découvrir les quais, les jardins des Fonderies, les Nefs... Boire une bière sous la halle Alstom qui sera démolie dans quelques mois, monter sur le toit de l'école d'archi (s'il ne pleut pas à verse), zigzaguer entre les installations d'Estuaire, raconter l'histoire du bâtiment de Coupechoux et celle du Nantilus... J'aime me sentir là, dans la transmission de toutes ces histoires que je connais et qui, bout à bout, font l'Ile, en tout cas la mienne. Et j'aime que eux aussi aiment ça, tout excités de découvrir une ville inconnue, eux qui en ont tant visitées, et qui savent les lire autant que les fabriquer. 
Ulla et Hans sont parmi les personnes les plus chaleureuses que j'ai rencontrées, douées d'une incroyable générosité, d'une vitalité magnifique. Ils prouvent qu'il y a un sud et un nord partout : Danois, ils sont du sud (en Scandinavie), plus proches dans leurs attitudes d'un Napolitain que d'un Gênois. Et lorsqu'un Lillois leur rend visite, ils ont affaire à un homme du nord, un peu réservé...

dimanche 11 mars 2012

12 mars - en attendant l'Ile

L'équipe de Marcel Smets et Anne Mie Depuydt révèle son projet pour l'Ile de Nantes - aux élus d'abord, pour les citoyens il faudra attendre la fin des hostilités électorales. Drôle de règle qui gèle les projets pendant les élections, au cas où les sortants voudraient profiter de leur travail... La précaution revient à bloquer tout débat politique sur les projets urbains - curieux paradoxe, non? 
Donc pas le droit de dévoiler cette vision qui doit préparer les transformations de l'Ile, territoire de 350 hectares aux portes du centre historique, avec de larges friches à coloniser, un faubourg à recoudre et à revitaliser, des zones à l'urbanisme moderne style grand ensemble et une atmosphère de périphérie pas marrante... Tout ça comme une formidable opportunité, l'occasion d'expérimenter et de préparer les mutations inévitables qui s'annoncent dans les vingt prochaines années. Il y faut du souffle, du courage, de la démocratie... Tous  ingrédients qui risquent de manquer. 

vendredi 9 mars 2012

10 mars - week end à Nantes

Marché de la Petite Hollande, ballade sur le quartier Malakoff (boulot boulot), plouf dans la piscine de la Petite Amazonie (moitié boulot, moitié fun): c'est un curieux samedi. Et en perspective dimanche pousser jusqu'à Saint-Nazaire pour le départ de la Solidaire du Chocolat. Me sens un peu chez moi, un peu touriste, un peu nulle part, un peu nuages, un peu soleil... Et puis quoi encore?

jeudi 8 mars 2012

9 mars - créative utopie

Festives, les journées que Nantes consacre à ses industries créatives (jusqu'au samedi 10), avec des ateliers, un bal dans la Halle Alstom, des conférences  - je participe à l'une d'elles, "apéro littéraire" sur l'histoire de l'Ile de Nantes : ou comment raconter un projet en train de se faire. 
La Fabrique (photo Jean-Dominique Billaud)
Mon dernier opus des Chroniques de l'Ile, (n°5, paru en novembre 2011), affichait fièrement "La Création prend ses quartiers": la rencontre entre un projet urbain (celui de l'Ile) et une économie cultuelle (une scène nantaise particulièrement vivace, en musique comme en électronique). Le tout à l'échelle de la métropole, bien au-delà des quelques hectares de l'Ile. A l'occasion, j'ai découvert la vitalité d'un tissu où se croisent entrepreneurs, artistes, associations et institutions,  universitaires...
L'enjeu est plus grand que son apparence (quelques geeks, des musiciens, des chercheurs, se congratulant sur leur capacité à inventer le monde futur): il y a ici un retour salvateur de l'utopie, retour du politique, au sens plein du mot - à la recherche d'une citoyenneté participative, d'une invention sociale. à quoi ça rime de continuer à l'économie de la créativité collective?

dimanche 19 février 2012

20 février - pour l'Ile

L'équipe Smets-UapS prépare la nouvelle étape du projet pour l'Ile de Nantes - un rapport, un plan à livrer dans un mois. Moment délicat et décisif, où il faut formuler en quelques images et quelques mots clés ce qui va permettre aux élus de s'approprier cette vision, aux maîtres d'ouvrage, aux services techniques, à leurs multiples partenaires, aux citoyens... 
Ce moment-là, c'est la cristallisation d'un travail commencé il y a deux ans, d'abord pour emporter la consultation qui interrogeait plusieurs équipes d'urbanistes. Puis pour répondre aux urgences des opérations à lancer vite, en particulier les décisions à prendre pour une nouvelle ligne de bus qui va traverser l'Ile et la relier à la gare. Et bien sûr, l'essentiel, la définition d'un projet, d'une vision à long terme (une promesse).
Avec des enjeux magnifiques : préparer ce territoire en partie en friches et immédiatement voisin du centre historique de Nantes à devenir un pôle majeur de l'agglomération; pour cela, le relier, le traverser; et surtout imaginer ici de quoi aider la ville à affronter la mutation urbaine qui a commencé, vers cette société future où les transports, le logement, les activités économiques vont connaître des changements radicaux. 
La mutation, tout le monde la reconnaît comme inévitable mais, d'ici là, comment vivre la transition? Par exemple, comment gérer la voiture et ses relations avec la rue, les vélos, les piétons? Ou encore comment économiser le plus possible l'énergie, sans alourdir des coûts de construction des logements déjà excessifs? 
Tout projet urbain repose sur un processus dialectique de transformation/création: quoi supprimer de ce qui existe déjà dans la ville, pour y apporter quoi de neuf? Comment éviter de nouveaux traumatismes et comment innover? Confrontée à cette dialectique, l'Ile peut en porter une forme exemplaire.