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vendredi 14 décembre 2012

15 décembre - Un petit tour

Tramway de Paris, phase 2: ça devient intéressant pour les voisins, maintenant qu'il va du sud au nord en passant par l'est. Du coup, il dessert des zones nettement plus populaires. Et il ne manque plus qu'un tronçon, nord-ouest, pour que le tour soit complet.
C'est beau un tramway. Partout l'effet esthétique est radical, le plaisir de voyager (quand même plus gai qu'un métro, à l'air libre, et plus confortable qu'un bus, en souplesse). Et puis les tramways apportent des changements de fond à la ville, occasion de revaloriser tout leur environnement, donc "structurants" - même si, de nos jours, ils sont battus par les super-bus (BHNS dit le jargon, pour "bus à haut niveau de service"), moins chers et quand même efficaces pour se déplacer vite et bien et loin...
Pour que ce soit encore plus beau, encore plus haute qualité, les tram sont quasiment partout associés à de grandes commandes d'art public: Paris l'a fait aussi, avec des œuvres plutôt réjouissantes, comme les lapins comploteurs de Sylvie Auvray ou la grille à habiter de Pascal Pinaud. Et puis aussi le Jardin des diversités végétales de Michel Corajoud (pas un artiste mais presque), collection de tout ce qui pousse à Paris - mais là il va falloir attendre un peu, que ça pousse... 
La Grille. Corine Chevalier / Pascal Pinaud

http://demarche-artistique.tramway.paris.fr/e_upload/pdf/t3_art_depliant.pdf 
 Un dépliant sur le Net pour s'y retrouver. Et une expo, à l’Hôtel de Ville, pour voir tout ce chouette travail artistique.


lundi 10 septembre 2012

11 septembre - L'art monstre

"L'art est dans la ville". C'est un livre et une conférence, au Mac Val de Vitry, lieu aimable de la proche banlieue, où l'art contemporain se vit avec souplesse. Vitry, où s'expose Dubuffet et sa citation : "L'art doit surgir là où on ne l'attend pas, par surprise".

L'art urbain, depuis le livre publié avec Ariella Masboungi (Penser la ville par l'art contemporain, éditions de la Villette, 2004), est un choix de vie pour moi. A l'époque, je découvrais un continent, le travail avec Jean-Dominique Secondi m'apprenait à quel point les artistes révèlent les enjeux de la ville contemporaine. Beaucoup plus passionnant que les débats sur telle ou telle œuvre disposée dans l'espace public, c'est comprendre comment une démarche artistique peut contribuer à un dévoilement du monde. Donc voir le projet urbain autrement.
Évidemment il n'est pas question de participer à la disneysation de la ville ni à la folie de la distraction. Mais pas non plus de remplir l'espace (surtout pas, il est déjà bien assez plein) ni de l'embellir (même si Daniel Buren, dans ce livre, explique combien il est essentiel d'apporter de la beauté) ni de donner du sens à l'aménagement urbain (ce sens, il l'a ou ne l'a pas, avec ou sens intervention d'artistes!). Il s'agit de regarder, d'écouter, de voir et d'entendre. Pour dire et traduire. Pour montrer.
Et bien sûr c'est le monstre qui montre le mieux. Donc il va toujours déranger cet art nécessaire. Au moins un peu. 
J'écris ces mots-là, malheureuse de pratiquer un art qui met tout le monde d'accord, qui ne dérange plus. Ça me rend malade.