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mardi 11 décembre 2012

12 décembre - frénésies et flâneries

12h12 mon amour, as-tu une pensée pour moi? Selon les Chinois, le 12/12/12 signe la "bonne chance" - alors on célèbre plus de mariages que d'habitude à Hong Kong et à Singapour. Une "frénésie", titre la presse, en attendant la fin du monde (ça arrive, ça arrive). Il y a même un Chinois, Lu Zhengai, qui a englouti toutes ses économies (1 million de yuans, soit 125 000€) pour construire une arche de Noé (pas trop grande, si elle ne mesure que 21,2 mètres de long, 15,5 de large et 5,6 de haut).
Un jour pour l'amour? Un jour pour la démocratie? Pendant que la Syrie empile ses morts, que l’Égypte retient les siens, nous espérons. Sur le thème Democratic(s) Hopes, le Groupe Dunes présente une installation dans le "Café conservatoire", lieu éphémère créé pendant le festival de l'Ososphère, à Strasbourg. Leur manière de donner trace du 1er Forum Mondial de la Démocratie, auquel ils ont  assisté, en octobre dernier, au Conseil de l'Europe. 
http://www.groupedunes.fr/
Heureusement, grâce à l'Ososphère (jusqu'au 16 décembre sur le site de la Coop, au Port du Rhin), nous pouvons danser sur le volcan: un festival qui mêle les pratiques artistiques et numériques dans la ville. Avec des concerts, des expos, des balades sur les canaux - "les échos flottants", flâneries urbaines et sonores en croisières, de jour et de nuit.
http://www.ososphere.org/2012



mercredi 7 novembre 2012

9 novembre - Dindes à Noël

Heureusement, il y a Roselyne Bachelot . Elle justifie l'absence de parlementaires dans la commission Jospin sur la rénovation de la vie politique : "On n'a jamais vu les dindes fêter Noël" (in Libération). L'humour de cette femme et son franc-parler restent des exceptions dans ce pays et c'est bien dommage. 
Revitaliser la politique, la moraliser: ya le feu au lac, si on ne veut pas que les taux d'abstention atteignent les niveaux américains (supérieurs à 50%). Et si on espère que l'activité attire des gens intéressants et pas seulement intéressés. La commission va pas préconiser du révolutionnaire, faisons confiance à Lionel. Mais quand même interdire le cumul des mandats, c'est le minimum. Accepter une dose de proportionnelle? A partir du moment où on se prétend favorable à la démocratie, difficile de justifier l'exclusion des "petits" partis - le vrai problème, mais personne ne va le soulever, c'est admettre que les citoyens  sont nécessairement crétins, peureux et méchants dans des proportions variables mais inévitables (de même qu'ils peuvent aussi être malins, cultivés et généreux...). Déontologie? Là, tout reste à faire. 
Perso, j'en suis venue à croire qu'une mesure radicale assainirait réellement la vie politique et l'ouvrirait à beaucoup plus de représentants : non seulement limiter le nombre de mandats mais en limiter la durée : deux au maximum. Ça obligerait les élus convaincus à rechercher des alliés pour porter leurs projets, au lieu de faire de leur réélection l'enjeu majeur de leur politique.

samedi 30 juin 2012

1er juillet - Yo Soy 132

De l'autre côté de l'Atlantique, sur l'autre face du monde, le Mexique vote pour élire un président, 128 sénateurs, 500 députés, les gouverneurs de 31 états et les maires. Le PRI (parti révolutionnaire institutionnel, quel oxymore!) a l'air de l'emporter, réputé pour ses bourrages d'urnes, achats de votes - et en plus  son candidat Enrique Peña Nieto a semble-t-il des airs souriants et dynamiques qui plaisent. Mais ne pas s'y fier : le PRI a laissé de sinistres souvenirs après 71 ans (!) ans de pouvoir - interrompus en 2000.
Alors, les jeunes se révoltent, sur le mode .2 qui parcourt la planète. Ils s'appellent Yo Soy 132, "je suis le 132ème", en référence au manifeste de 131 étudiants insultés par le pouvoir pour avoir osé interroger les candidats sur leurs engagements démocratiques.

Pour écouter ce qu'ils ont à dire sur la corruption, la misère et la violence épouvantable qui mine leur pays (en proie à la guerre des cartels et des gangs:50 000 morts et 20 000 disparus en 6 ans), pour comprendre leur désir d'un "Mexique plus libre, plus prospère et plus juste" :
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=rEMHzORyHes
Ils réclament d'abord la liberté d'expression et d'information : oui, là aussi, l'information est la clé, et cela pourrait étonner, dans ce monde où l'info circule tous azimuts sur les réseaux. Comme les autres "Indignés", ils ne se réclament d'aucune obédience politique mais parlent de solidarité, de courage, d'intégrité. Ils croient à la citoyenneté, à la démocratie et à la créativité.
Parce que les jeunes représentent la moitié de la population, ce mouvement inquiète tous ceux qui trustent l'argent et le pouvoir, avec la bénédiction des amis américains et européens qui profitent de l'or noir mexicain.

samedi 3 mars 2012

4 mars - humanum est

Encore un grand moment de démocratie ce dimanche, avec la réélection inévitable de Poutine - à vomir partout, les spots publicitaires que diffuse Russie Unie, par exemple celui-ci, tellement politisé : http://www.youtube.com/watch?v=A3Fd6oNSktg&feature=player_embedded
Rémi (mon frère) pense que la démocratie est une mauvaise idée - qui permet aux imbéciles, aux gamins et aux cacochymes de voter. Parfois, j'ai des doutes aussi : pas de quoi être fiers de ce qu'a produit ce mode de gouvernement considéré généralement comme le moins pire (faut reconnaître que ni les dictatures ni les féodalités ni les théocraties ne peuvent se vanter de faire mieux). Alors quoi, c'est la connerie humaine qu'il faut incriminer? La méchanceté foncière de l'espèce? Son avidité chronique? 
Dans la littérature de science-fiction qui a abondamment réfléchi à la question, j'aime bien l'idée d'élections par tirage au sort, choisissant de préférence ceux qui n'en ont pas envie - tous les systèmes connus ayant pour point commun de favoriser les candidats qui le veulent le plus, donc les plus atteints par la grandiosité, l'illusion mégalo, l'absence de doutes, l'incapacité à l'empathie et finalement la parano ("Qui n'est pas avec moi est contre moi"). 
Le tirage au sort, évidemment, ne protège pas de l'erreur (humanum est) et il risque de laisser un pouvoir excessif aux technocrates. Mais le système à l’œuvre dans les jurys populaires ne fonctionne pas si mal que ça. Et il donne une chance à la collaboration entre individus d'origines, de convictions et de capacités différentes.

samedi 11 février 2012

12 février - Grèce à mort

Pourquoi tant de haine? Pourquoi cette "petite" dette (comparée aux montants considérables qu'accumulent les autres pays Européens) fait-elle l'objet de tant de surveillance? Parce que les dits-partenaires ont peur qu'on s'intéresse à leur cas? Sans doute (la semaine prochaine, ce sera le tour de l'Espagne). Mais aussi parce qu'ils se donnent l'illusion d'une autorité en l'exerçant sans retenue sur le plus faible d'entre eux. 
Alors voilà la Grèce à feu et à sang. Des manifestations effarées, des banderoles sur le Parthénon pour rappeler aux principes démocratiques (complètement bafoués). La technocratie financière européenne veut que ce dimanche le parlement vote un nouveau plan de rigueur et que les partis de la coalition s'engagent à le soutenir (ce que, évidemment, ils rechignent à faire). La collectivité européenne fixe des ultimatums (du genre de ceux que les États ne savent pas faire respecter face à l'Iran ou à la Syrie). Honte sans borne de s'acharner sur un peuple déjà à terre. De demander encore des restrictions budgétaires qui interdisent toute reprise économique, alors que les milliardaires locaux suffiraient à payer cette dette - creusée en forte part grâce à eux et à leur refus de payer des impôts.  
Si j'en crois le précepte de Daniel Morel (psychologue en conférence sur la considération, mercredi dernier), "ce qui est souligné se renforce" - d'où l'idée de mettre en valeur les qualités que l'on désire voir croître; et de se taire sur les défauts que l'on craint. Donc, ceux qui ont peur de la banqueroute se comportent exactement à l'inverse de la stratégie qui permet la réussite. 
J'aime aussi la formule de Michel Tournier : "Ce qui n'existe pas insiste". Les peuples bafoués, comme les enfants maltraités ou les femmes non respectées, font obstacle comme ils le peuvent à ce qui les empêche de vivre.
Athènes en feu, photo publiée par Rue 89 le 13 février

samedi 14 janvier 2012

15 janvier - Révolution

Il y a un an, la Tunisie se réveillait débarrassée de son dictateur, Ben Ali envolé pendant la nuit. La révolution arabe prenait une dimension nouvelle, époustouflante. Ces Arabes, que les intégrismes musulmans de tous poils confirmaient dans leur statut de sous-citoyens, ceux-là démontraient l'ouverture, la ténacité, le courage, le désir de démocratie. Un vrai changement de paradigme pour le monde occidental, en particulier pour nous, Français donneurs de leçons et propriétaires de ces concepts affichés à nos frontons (liberté, fraternité, etc.).
"Les rêves sont têtus", dit le poète marocain Abdellatif Laabi. Heureusement : la révolution d'il y a un an se poursuit. Même si les manipulations du 14 janvier 2011 se révèlent (voir Mediapart : http://www.citoyensdesdeuxrives.eu/better/index.php?option=com_content&view=article&id=2314:l-mediapart-r--enquete--ce-quil-sest-vraiment-passe-le-14-janvier-a-tunis&catid=60:tunisie&Itemid=81). Même si les islamistes ont pris le pouvoir et s'ils font peur. "Au moins aujourd'hui on a pris confiance en nous", raconte Alia à Libération. La révolution va durer longtemps, avec encore les femmes en première ligne.