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mardi 30 octobre 2012

1er novembre - Tunis

Déjeuner à Sidi Bou Saïd, avec une éditrice copine de François. Encore un de ces moments où "j'ai de la chance" est une affirmation raisonnable. Départ pour Tunis le matin en train - heureusement que des expéditions de ce type permettent de se sortir de l'hôtel Club dans son horrible banalité internationale. Balade dans la médina et le souk, à la recherche de la veste en cuir qui me changerait de ma peau devenue triste (le jour où je me la suis offerte, c'était mon premier cuir et aussi une volonté de nouvelle peau: renouveler l'opération aujourd'hui a tout son sens). 
Discuter de la révolution tunisienne, des intellectuels, des femmes, de l'Islam - est-il juste de reconnaître qu'il n'y a pas d'islamisme "modéré", contrairement à la thèse bien-pensante en cours? Regarder la rue, observer les magasins, comparer ici et là-bas, plein de là-bas. Une des bonnes surprises d'Hammamet a été d'y croiser si peu de femmes en foulard, une minorité; et de voir des jeunes filles se promener et discuter avec de jeunes hommes. Oui, des choses changent. A Tunis, où les femmes cultivés et dotées de bons métiers sont nécessairement plus nombreuses, les foulards le sont-ils aussi, comme il faut s'y attendre? 
Et puis un peu de tourisme? Ou pas.

vendredi 26 octobre 2012

27 octobre - ZEN

La mer est douce et verte, ses rouleaux nous bercent. Le sable trop fin s'infiltre partout, même entre mes orteils bandés. Soleil. Ça ressemble aux vacances.
Tenir la règle du post quotidien s'annonce ardu: connexion capricieuse et mes propres paresses.

jeudi 25 octobre 2012

26 octobre - Jusqu'à Hammamet

Pour la première fois, nous prenons l'avion ensemble. Pas pour une lointaine expédition mais une expérience, tout de même. Tunis dès le matin, ensuite le car jusqu'à Hammamet, rien de très aventureux mais un partage, tout de même.
Des vacances idiotes? Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas offert ce luxe (ça semble si loin, le dernier Club Med, avec Mathilde, juste avant son départ pour la Nouvelle-Zélande). Une plage (pourvu que la mer soit encore assez chaude), hammams et massages, bouquins au bord de la piscine, un peu d'entraînement sportif pour retrouver la forme. Et surtout, surtout, des heures à se consacrer l'un à l'autre, à se faire l'amour. 
Au programme aussi, une balade à Tunis, un peu de tourisme intelligent, tout de même.

mercredi 24 octobre 2012

25 octobre - Inquisition

Entrée en matière pour la Tunisie, le procès du doyen Habib Kazdaghli et des artistes Nadia Jelassiet et Mohamed ben Slama. Tous poursuivis pour les mêmes raisons, ainsi que d'autres universitaires, artistes, journalistes... Forme d'Inquisition des religieux contre la liberté d'expression: ainsi le doyen, menacé de 5 ans de prison pour avoir agressé une étudiante en niqab, qui a été attaquée par d'autres... Alors même qu'ils sont en butte à de véritables violences, ils en sont accusés. Telle est la forme contemporaine de l'Inquisition,  perverse - ou comment prétendre retourner des victimes en oppresseurs.
Les intellectuels du pays et tous ceux qui défendent les droits de l'homme en appellent aux élus de l'assemblée constituante, pour que "la liberté de la presse et de la création artistique ainsi que les libertés académiques" soient inscrites dans la Constitution. 
Ce serait tellement important, pour l'avenir, que ce pays où est né le Printemps arabe soit aussi celui de l'ouverture... Le voyage que nous entreprenons là-bas va nous en dire plus. 

dimanche 17 juin 2012

18 juin - Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus

Un sujet pour le bac, épreuve de philo : "A quoi sert la révolution si je ne peux pas danser?"  D'accord, ils vont sûrement formuler ça autrement mais je retrouve là les questions que le site de l’Étudiant annonce comme "probables" (toutes sections confondues) : la liberté, l'art, le désir. Et même la morale et la politique, le bonheur, la justice (plutôt réservées paraît-il aux économique et social)... 
La question est posée par le Fonds pour les femmes en Méditerranée, qui organise un gala de soutien. L'atmosphère est devenue si lourde, en Tunisie, en Algérie, en Égypte... Pour cause d'islamisme certes mais pas seulement : parfois la religion a bon dos pour mettre d'accord les réactionnaires de tous poils. Ainsi en Tunisie en ce moment, où les pouvoirs invoquent les convictions antireligieuses (supposées) des artistes pour les menacer - voir un appel à soutien diffusé ces jours-ci par le Comité tunisien pour la défense de l'art et de la culture et par Habib Kazdaghli, doyen de la faculté des lettres, des arts et des humanités de Tunis-Manouba.
Je le sais depuis que je suis enfant : danser est un acte libertaire, provocateur - et libérateur grâce à toutes les émotions qu'il exprime, la joie, la colère, la tristesse... Seule à la maison, à 6-7 ans, je tournais comme une folle sur la Valse Accélération, plus tard j'ai hurlé en jerkant sur Satisfaction. Et aujourd'hui je sais encore que si l'angoisse me noue le corps, je peux danser en chantant à tue-tête. 
Ne pas craindre de se répéter et citer encore Pina Bauch: "Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus" (oui mon amour, c'est aussi un message pour toi).


samedi 14 janvier 2012

15 janvier - Révolution

Il y a un an, la Tunisie se réveillait débarrassée de son dictateur, Ben Ali envolé pendant la nuit. La révolution arabe prenait une dimension nouvelle, époustouflante. Ces Arabes, que les intégrismes musulmans de tous poils confirmaient dans leur statut de sous-citoyens, ceux-là démontraient l'ouverture, la ténacité, le courage, le désir de démocratie. Un vrai changement de paradigme pour le monde occidental, en particulier pour nous, Français donneurs de leçons et propriétaires de ces concepts affichés à nos frontons (liberté, fraternité, etc.).
"Les rêves sont têtus", dit le poète marocain Abdellatif Laabi. Heureusement : la révolution d'il y a un an se poursuit. Même si les manipulations du 14 janvier 2011 se révèlent (voir Mediapart : http://www.citoyensdesdeuxrives.eu/better/index.php?option=com_content&view=article&id=2314:l-mediapart-r--enquete--ce-quil-sest-vraiment-passe-le-14-janvier-a-tunis&catid=60:tunisie&Itemid=81). Même si les islamistes ont pris le pouvoir et s'ils font peur. "Au moins aujourd'hui on a pris confiance en nous", raconte Alia à Libération. La révolution va durer longtemps, avec encore les femmes en première ligne.