Affichage des articles dont le libellé est journalisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est journalisme. Afficher tous les articles

lundi 12 novembre 2012

13 novembre - Bisounours?

Journée mondiale de la gentillesse : oui oui, ça existe (World Kindness Day), imaginé en 2000 à Singapour (la ville-État la plus clean du monde). L'a-t-il fait exprès, le président, pour sa première conférence de presse - dans l'espoir que les journalistes, autant dire une assemblée de peaux de vaches, deviendraient soudain un parterre de Bisounours?  
Pas difficile de parier que ça marche pas:  le journaliste est dur à cuire, c'est son moindre défaut - j'en sais quelque chose, pour l'être encore un peu (forcément, ça reste) et pour en avoir fréquenté un paquet, la presse est un milieu cynique. Même les militants. Être journaliste, c'est témoigner mais en ayant sa petite idée et le goût d'avoir raison. Et celui aussi d'exercer un peu de pouvoir, plus facile dans la nuisance que dans le soutien. Surtout cette espèce particulière, le journaliste politique, qui se voit fondamentalement comme l'élite de la profession: il aime faire et défaire les rois... 
Le roi n'est pas gentil non plus, qu'on ne s'y trompe pas. Pour arriver là, il s'est donné du mal, a trahi du monde, menti, tergiversé, jouant autant en lâchetés qu'en coups de force. Et une fois qu'il a goûté la soupe amère du pouvoir, il a du mal à s'en passer, mobilisé à se prémunir de la chute aussi vigoureusement qu'il a organisé la montée. Il se raconte que le pays a besoin de lui (sans quoi il décompenserait grave, le pauvre) et s'éloigne chaque jour un peu plus de la réalité: ce monde "enchanté" dans lequel il gouverne (pas si loin des Bisounours, tout compte fait), il cherche par moultes moyens à le manipuler (par exemple, inventer une conférence de fin d'après-midi, pour éviter que les rédactions, odieux ennemis, aient le temps de préparer leur riposte avant le journal de 20 heures). 
Mais "la réalité a toujours raison, toujours" (ah, cher Rilke): autant dire que toutes les tentatives de contrôle font effet boomerang. Sarkozy dans cet exercice avait été pathétique. Hollande, autre style, la joue pompidolien. Oublie-t-il que le monde a changé?

samedi 25 février 2012

26 février - du sens?

Homs sous les feux des canons, peut-être encore debout grâce aux téléphones portables qui continuent à envoyer des images et des infos. Peut-être aussi est-ce une illusion d'espérer que cette veille préserve des vies, peut-être que la ville va finir en ruines, de toutes façons - impasse d'un tyran qui a dépassé le point de non-retour, celui où il n'y a plus d'alternative au bain de sang ou à la fuite. 
Débat l'autre soir chez des amis journalistes, sur le "progrès" que représentent ou non les réseaux sociaux pour l'information. L'un défend la rapidité, les autres regrettent le temps de réfléchir et de trier, je constate le rapprochement dans l'espace, aussi important que celui du temps. Que va devenir cette information "contributive", faisceau de milliers d'images, de twits et de sms? Bien malin qui le sait. Que vont devenir les journalistes dans cette foire d'empoigne parfois si chaotique? Un métier nouveau va apparaître - peut-être. En attendant, il y en a toujours qui se bagarrent pour être sur le terrain en y risquant leur vie, et cela a du sens. 

Contribution à la réflexion sur les réseaux sociaux, cette pub d'anthologie du Guardian : http://owni.fr/revue-du-web/les-trois-petits-cochons-revu-par-the-guardian/