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dimanche 17 juin 2012

18 juin - Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus

Un sujet pour le bac, épreuve de philo : "A quoi sert la révolution si je ne peux pas danser?"  D'accord, ils vont sûrement formuler ça autrement mais je retrouve là les questions que le site de l’Étudiant annonce comme "probables" (toutes sections confondues) : la liberté, l'art, le désir. Et même la morale et la politique, le bonheur, la justice (plutôt réservées paraît-il aux économique et social)... 
La question est posée par le Fonds pour les femmes en Méditerranée, qui organise un gala de soutien. L'atmosphère est devenue si lourde, en Tunisie, en Algérie, en Égypte... Pour cause d'islamisme certes mais pas seulement : parfois la religion a bon dos pour mettre d'accord les réactionnaires de tous poils. Ainsi en Tunisie en ce moment, où les pouvoirs invoquent les convictions antireligieuses (supposées) des artistes pour les menacer - voir un appel à soutien diffusé ces jours-ci par le Comité tunisien pour la défense de l'art et de la culture et par Habib Kazdaghli, doyen de la faculté des lettres, des arts et des humanités de Tunis-Manouba.
Je le sais depuis que je suis enfant : danser est un acte libertaire, provocateur - et libérateur grâce à toutes les émotions qu'il exprime, la joie, la colère, la tristesse... Seule à la maison, à 6-7 ans, je tournais comme une folle sur la Valse Accélération, plus tard j'ai hurlé en jerkant sur Satisfaction. Et aujourd'hui je sais encore que si l'angoisse me noue le corps, je peux danser en chantant à tue-tête. 
Ne pas craindre de se répéter et citer encore Pina Bauch: "Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus" (oui mon amour, c'est aussi un message pour toi).


mercredi 15 février 2012

16 février - rendez-vous avec Carolyn

Grâce à la persévérance de l'amie Françoise, ce soir à Chaillot, pour le Inanna de Carolyn Carlson. 
Comme un rendez-vous avec moi-même. Mémoire de ma rencontre avec la danse théâtrale et émouvante d'une chorégraphe magicienne (j'ai découvert Pina Bauch ensuite). Mémoire de mon féminisme, dans ce portrait éclaté de femme contemporaine, avec sa véhémence, généreuse, guerrière, fragile, vaniteuse, blessée... Dans ce portrait-là, facile de se reconnaître. 
Et mémoire de mes écrits : Inanna a occupé une place de choix dans mon Encyclopédie des prénoms. Déesse sumérienne, ancêtre d'Aphrodite (déesse de la guerre et de l'amour) et d'Anne (divinité celte récupérée par l’Église chrétienne être canonisée mère de Marie), elle représente à elle seule ce travail complexe sur les origines des noms, la symbolique de leurs consonances, les liens entre les traditions à travers les géographies et les siècles...

Le site de Roubaix : photos, histoire et vidéo du spectacle: http://www.ccn-roubaix.com/index.php?option=com_content&view=article&id=51&Itemid=2&lang=fr
Vidéo résumée : http://www.dailymotion.com/video/xir2ty_inanna-par-carolyn-carlson_creation

mercredi 4 janvier 2012

5 janvier - ici et après

Il y a aussi des jours sans visibilité, où penser à ce qui "va" se passer n'a pas beaucoup de sens - en fait, c'est plutôt bon signe, si ça signifie que l'Ici et Maintenant fonctionne.
Aujourd'hui, Nantes, mon deuxième chez moi. Retrouver mon homme. Éric Rohmer avait raison, avec son proverbe des "Contes de la pleine lune" : "Qui a deux maisons perd la raison, qui a deux femmes perd son âme". L'absurde de vivre dans deux lieux c'est de multiplier les entre-deux, donc l'inconfort. Et de se perdre de vue soi-même.
Jun Miyake chantait pour Pina Bauch une merveille mélancolique : The heRe aNd afTer. Omniprésent dans le "Pina" de Wim Wenders :
http://www.youtube.com/watch?v=EECh0UVsGV8&feature=related