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jeudi 6 décembre 2012

7 décembre - Small World

Le Marathon des signatures est ouvert: comme chaque année Amnesty International invite les bonnes volontés à se mobiliser pour "faire pression sur les autorités qui bafouent les droits humains". Donc signer en faveur de prisonniers menacés de morts, d'exclus, d'oubliés... 
Il y a Chiou Ho-Shun à Taïwan, en geôle depuis 1988, condamné à mort pour un crime qu'il n'a manifestement pas commis. 
Il y a Azza Hilal Ahmad, l’Égyptienne, qui demande justice - tabassée par les militaires pour avoir porté secours à une jeune manifestante de la place Tahir, isolée depuis que son fiancé a été assassiné.
Il y a Rogelio, Ingrid, Ivan, les membres du Mouvement des Victimes de Crimes d’État (MOVICE), à Sucre en Colombie, qui ont brisé le silence pour dénoncer la violence , le vol des terres et l’impunité des paramilitaires et qui sont aujourd'hui insultés, menacés, tués... 
Il y a Islam Oumarpachaïev, tchétchène, "disparu" et libéré après une plainte déposée par le Comité interrégional contre la torture (CICT) auprès de la Cour européenne des droits de l’homme, mais qui maintient sa plainte malgré les harcèlements. 
Et bien d'autres, en Libye, au Nigeria, en Chine, en Roumanie...
Des visages, des êtres humains et l'espérance face à l'injustice, à la douleur, à l'effroi: les campagnes d'Amnesty ont souvent sauvé des vies. Il y a des victoires,  le meilleur d'Internet comme de la mondialisation. Depuis que le monde est, pour de vrai, devenu petit, ces visages-là sont mes voisins. Et je les vois.

mercredi 5 décembre 2012

6 décembre - quel genre?


Marilyn Guevara — Les hame­çons cibles (France)
100 affiches pour l'égalité hommes-femmes. C'est au musée des Arts décoratifs,  jusqu'au 9 décembre, et dans 30 pays aussi - zakouskis de la journée internationale des droits de l'homme, le 10. "L'égalité hommes/femmes n'est pas uni­que­ment un pro­blème de femmes, c'est un droit pour tous", dit Michelle Bachelet, ex présidente du Chili et marraine de cette édition du concours inter­na­tio­nal d'affiche "Pos­ter for tomor­row" de l'Unesco.
J'aime particulièrement cet hybride Marylin Guevara, humour et révolution, hasta siempre! Mais...

Spikes — Fabian Donoso (Chili)
Cette affaire de genre, angoissante question: comme le dit l'anthropologue Françoise Héritier, le genre reste une des grandes différenciations - et nous, humains, avons  besoin de nous différencier pour exister, progresser en humanité dans ce processus d'individuation dont il faut bien constater qu'il reste trop souvent inachevé. Déjà, au début des Groupes Femmes (ohlala, c'est loin les années 70!), il fallait se battre pour faire reconnaître que l'égalité ne signifie pas le mélange des genres. Aujourd'hui, le blabla bien pensant évacue le problème. Du coup, seuls les réacs défendent la différence, mais au nom de la perpétuation de la famille et de la société traditionnelle (beurk).

samedi 1 décembre 2012

2 décembre - 27 millions d'esclaves

Le 2 décembre 1949, les Nations Unies ont aboli la traite des êtres humains et l'exploitation par la prostitution - ou plus exactement ont adopté la convention qui les réprime et les abolisse. Pour commémorer cette date, voilà encore une journée mondiale, "pour l'abolition de l'esclavage". Parce que, depuis, il y a eu peu de progrès sur ce front - travail forcé, exploitation des enfants, traite des êtres humains. Selon le département d’État américain, près de 27 millions de personnes sont réduites en esclavage aujourd'hui.
Vieille histoire, l'abus de l'homme sur l'homme - de préférence sur l'enfant et sur la femme. Éprouvante histoire, tant elle révèle combien il nous est difficile de devenir humains et de le rester. Les discours pro-prostitution aujourd'hui ont de quoi effrayer, puisqu'ils oublient en toute simplicité le droit le plus élémentaire, le droit à disposer de son corps. Les affaires traitées par le Comité contre l'esclavage moderne rappellent aussi  combien ces combats restent actuels, quotidiens. Le Comité qui, ces temps-ci, se bat pour sa survie, faute des subventions que les restrictions budgétaires lui suppriment. 
Envoyer des sous, c'est toujours possible : http://www.esclavagemoderne.org/ 

samedi 24 novembre 2012

25 novembre - "le couteau tue"

"Le féminisme n'a jamais tué personne. Le machisme tue tous les jours." Benoîte Groult a (merde alors) toujours raison, encore raison, peut-être même de plus en plus raison, si on pense à l'échelle de la planète. A l'échelle de la journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes, journée inspirée en 1960 par la mort des sœurs Mirabal, en République dominicaine, assassinées pour avoir défendue leurs droits. 
Aujourd'hui en Afrique du Sud, une femme est violée toutes les 23 secondes; aux États-Unis, une femme est battue par son partenaire toutes les 15 secondes;  au Bangladesh, près de la moitié des femmes ont subi des abus physiques de la part de leur conjoint... En France, 122 femmes sont mortes en 2011 sous les coups de leur compagnon ou de leur ex. Selon les associations, 75 000 à 100 000 sont violées chaque année - mais seulement 10% portent plainte, objet de la campagne lancée par Le Nouvel observateur cette semaine.
Le plus souvent, la violence est familiale ou sexuelle mais elle se manifeste aussi par l'infanticide des filles, les mariages précoces, les mutilations génitales féminines, les meurtres "d'honneur". Facile de trouver de bonnes raisons pour taper, assassiner, rabaisser. Comme si c'était tout naturel - dans "La Leçon", Ionesco fait répéter à la jeune fille hypnotisée "le couteau tue", ordre des choses.
Cette année, les manifestations tournent autour d'un appel à la Loi et à son application ("Utiliser la législation pour combattre la violence faite aux filles et aux femmes"). La Loi, au-dessus de l'ordre des choses comme des charias et autres règles religieuses qui perpétuent la haine. 
Qui continue à prétendre que le féminisme est une stupidité inutile?  


mercredi 21 novembre 2012

22 novembre - Pour Pinar

C'est une vacherie de devenir un symbole. Pinar Senek est femme (et féministe), sociologue, militante pour le soutien aux opprimés et contre les procédures kafkaïennes dont usent les États non démocratiques. Et elle est Turque. De quoi endosser ce foutu statut symbolique de passionaria contre qui s'acharne le pouvoir. En 1998, elle est accusée d’avoir aidé des rebelles kurdes à commettre un attentat. Emprisonnée, torturée. Acquittée par trois fois par la cour d’assises d’Istanbul. Et à nouveau attaquée: ce 22 novembre, une nouvelle audience doit étudier son "cas". Un cas représentatif des milliers de militants, intellectuels, journalistes qui sont en prison ou en procès depuis des années, en Turquie. 
Son intérêt pour les opprimés? "Ces groupes en disent beaucoup sur une société. J’ai commencé à m’intéresser à eux parce que je voulais comprendre la société. C’est d’ailleurs pour la même raison que j’ai choisi la sociologie et que je suis militante." (interview dans la revue Altermondes) Elle s'est fait connaître (et repérer) par sa thèse de doctorat sur l'homophobie d’État relayée par les groupes ultra-nationalistes.
http://www.pinarselek.fr/
Moi, je peux sans risque écrire, poster, diffuser ces informations. Sacrée différence. Et penser à l'échelle de ce monde c'est être reliée, consciente, petite goutte dans cette mer.
Rassemblement le 22 Novembre 2012, à 12h30, Place Kléber à Strasbourg.
Son livre, en français: Loin de chez moi... mais jusqu'où? Éditions iXe.