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lundi 24 décembre 2012

25 décembre - Traditions

Noël. Un moment pour penser à la famille, donc aux morts (vite fait). Et puis à ma Thilde, qui est si loin, qui commence à me manquer sérieusement, un an et demi sans la toucher, l'embrasser, la prendre dans mes bras, seulement se parler de temps à autre, admirer quelques photos... Il y a deux ans, j'ai commencé le jour de Noël à consulter les sites de voyages, me faire une idée des billets possibles vers Auckland. Et me revoilà en train de chercher vers Bangkok, Singapour, Hong Kong... Des destinations où nous rejoindre pour passer une semaine de vacances ensemble. Et puis comparer les dates de vacances scolaires, ici et là-bas, pour chercher des billets moins chers. Et puis rêver. Ce serait en mai, son hiver, mon printemps?
Noël, tradition. Quand j'étais enfant, à Madrid, les cadeaux se donnaient le 6 janvier, los Reyes. Bien sûr il n'y avait aucune folie consommatrice du genre de celle que nous connaissons aujourd'hui, à laquelle cèdent musulmans et juifs, toutes les occasions de faire la fête sont bonnes mais aussi celles d'acheter, dépenser. Où est la tradition? De quelles traditions s'agit-il? 
D'ailleurs, ça veut dire quoi, tradition?
Du latin tradere, de trans "à travers" et dare "donner" - soit "transmettre" - de préférence un héritage, avec l'idée d'une mémoire collective (inévitablement religieuse!). Mais aussi trahir (un secret), de même origine semble-t-il... Ce qui me fait marrer, bien d'accord avec cette conjugaison qui associe l'héritage et le secret (fondements des familles), la transmission et la trahison (socle des collectivités), l'habitude et le mensonge (risques de toute relation).
 

dimanche 23 décembre 2012

24 décembre - Vigies

C'est pas Noël en Égypte - j'imagine que les Coptes balisent dur. Pas de divine surprise, pas de démocratie ni de paix en perspective, mais le glaive et le feu. Après des fraudes apparemment généralisées, la proclamation des résultats provoque plus de colères que de manifestations festives. L'armée est là.
Le seul avantage de l'arrivée massive des Frères Musulmans dans les pays du Printemps arabes, c'est la rapidité avec laquelle ils se déconsidèrent. En Tunisie, quelques mois ont suffi à prouver leur incompétence et leur corruption. En Égypte, beaucoup de quartiers et de gouvernorats populaires ont voté contre la constitution de Morsi - sans compter l’abstention massive.
Partout les femmes sont là, vigies. En première ligne. Et sans doute elles seront nombreuses martyres à se fracasser contre la mauvaise foi, les tribunaux, les armées. Comme le disent tous les témoins et les acteurs de cette région du monde, le sort fait aux femmes sera le critère incontournable de l'évolution. Et au fond, c'est peut-être la plus sérieuse raison de ne pas céder au pessimisme, malgré tous les signes de régression, tous les dangers de voir sombrer ces pays dans l'ombre islamique.